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Bienheureux Ghébré Michël
(Le préfixe Ghébré, courant en Ethiopie et en Erythrée, signifie “serviteur” et précède le nom d’un saint)
Ghébré Michaël est né entre 1788 et 1791 à Dibo (Ouest de l’Ethiopie). Il fit profession comme moine orthodoxe dans le monastère de Mertule Maryam en 1816. Il étudia la théologie, particulièrement la théologie patristique, et s’intéressa à l’histoire du monachisme.
Il dédia sa vie à :
1. étudier et analyser en profondeur les positions théologiques de l’Eglise orthodoxe
2. suivre l'idéal de la sainteté en embrassant une ascèse et un pratique monastiques strictes.
Il a partagé les préjugés contre l'Église catholique, bien enraciné dans l'esprit, la doctrine et la structure de son Eglise. Ainsi, par exemple, il ne voyait pas la nécessité de l'unité de l'Eglise.
La Providence conduisit curieusement Ghébré Michaël à rencontrer Justin de Jacobis, Lazariste, missionnaire de l’Eglise catholique. En effet, Ghébré Michaël comprit qu’il ne trouverait la réponse aux questions théologiques qui l’intéressaient qu’à Jérusalem. Il décida donc de s’y rendre, au moment même où une délégation se préparait pour aller à Alexandrie, pour demander au patriarche copte de donner un nouvel évêque à l’Ethiopie, le poste étant vacant. Comme la délégation devait visiter Jérusalem, Ghébré Michaël décida de s’y joindre. Justin de Jacobis fut quant à lui invité à faire partie de cette délégation, composée de personnes influentes de l’Eglise. Il n’accepta qu’à condition que la délégation accepte de visiter Rome, ce qui fut accordé. C’est ainsi que Ghébré Michaël et lui se rencontrèrent.
Ce voyage, et la rencontre avec le Pape Grégoire XVI, furent très impressionnants, riche en joie spirituelle profonde pour Ghébré Michaël. La délégation se rendit ensuite à Naples, puis Jérusalem, avant de prendre le chemin du retour. Ghébré Michaël passa les trois années qui suivirent dans le doute, l’étude, la prière, le jeûne, les débats théologiques ; il consulta des moines de grande renommée et sainteté. En 1844, il fut finalement reçu dans l’Eglise catholique et s’unit à la petite communauté de Justin de Jacobis. Six ans plus tard, en 1850, il fut ordonnée prêtre.
Son zèle, la sainteté de sa vie, sa doctrine solide et équilibrée et son éducation furent des atouts essentiels pour lutter auprès de ses concitoyens contre les préjugés contre l’Eglise catholique. A la demande de Justin de Jacobis, il fut l’interlocuteur des prêtres et moines qui souhaitaient parler de questions religieuses ou devenir catholiques. Beaucoup, sous son influence, rejoignirent cette Eglise, dont ils allaient constituer le futur clergé.
Ghébré Michaël demanda à postuler pour entrer dans la Congrégation de la Mission. Mais, en 1853, l’Empereur Théodorus lança une persécution qui décima la communauté catholique. Ghébré Michaël, arrêté au cours d’une rafle, fut alors incarcéré, avec quatre autres convertis. Entravés à une même poutre, ils étaient forcés de suivre les déplacements du camp impérial dans les montagnes. Les sévices et tortures endurés pendant deux ans avaient déjà Ghébré Michaël, que cette marche forcée anéantit. Il mourut les 28 août 1855, alors qu’il venait d’être reçu dans la Congrégation de la Mission. Il fut enterré là où il mourut, au bord de la route, à un endroit difficile à identifier précisément.
Il fut béatifié par Pie XI le 3 octobre 1926.
Bibliographie
1. Jean Coulbeaux – Vers la lumiere le B. Ghébré Michael, Paris 1926
2. Ernesto Cassinari, Il Beato Ghebremichael, Roma 1926
3. Enrico Locattello. Venti due anni in Etiopia, Roma 1939
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