Le Forum Permanent des Nations Unies sur les questions relatives aux Autochtones

Du 19 au 30 avril 2020 se tiendra la 20e Session du Forum des Peuples Autochtones avec le thème: “Paix, justice et institutions solides : rôle des Peuples autochtones dans la réalisation de l’objectif de développement durable n° 16“, à la lumière de l’évolution de la situation dûe à la Covid-19. L’objectif n°16 constitue la base de la réalisation de nombreux droits consacrés à la Déclaration Onusienne des Droits des Peuples Autochtones, comme l’accès à une justice non discriminatoire et inclusive, la reconnaissance des institutions autochtones, le principe du consentement préalable, libre et éclairé ainsi que le droit à la terre, aux territoires et aux ressources.

Le Forum a été créé en juillet 2000 traite des questions des Autochtones liées au développement économique et social, à la culture, à l’environnement, à l’éducation et aux droits de l’homme. Le Forum sensibilise, promeut l’intégration et la coordination des activités des Autochtones au sein du système des Nations Unies ; il promeut en outre le respect et la pleine application des dispositions de la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones.

La Compagnie des Filles de la Charité de St. Vincent de Paul s’engage activement chaque année au Forum des Peuples autochtones de l’O.N.U., en particulier avec le R.E.P.A.M. et d’autres groupes de la région amazonienne.

La pandémie de la Covid-19, crise sanitaire, économique et sociale sans précédent, a eu un impact négatif sur la mise en œuvre de l’Agenda 2030, tout particulièrement pour les Peuples autochtones. De nombreux gouvernements ne sont pas parvenus à fournir de façon adéquate pendant la pandémie des soins de santé et un soutien, incitant les Peuples autochtones à compter sur leurs plantes médicinales ancestrales et traditionnelles. La manière dont cette crise et ses conséquences socio-économiques persistantes sont abordées servira de test décisif pour l’engagement à ne laisser personne de côté.

La pandémie a également attiré l’attention de la communauté internationale sur les pratiques traditionnelles des peuples autochtones concernant leurs systèmes alimentaires, la biodiversité et les changements climatiques. Bien que ces derniers affectent tous les écosystèmes de la planète, en raison de leur forte dépendance vis-à-vis des écosystèmes, les Peuples autochtones sont touchés de manière disproportionnée dans ce domaine. Les incendies de forêt, la fonte des océans, la désertification, l’acidification des océans et le blanchissement des coraux privent les communautés autochtones de leurs ressources. En tant que gardiens de 80 pour cent de la biodiversité mondiale, les Peuples autochtones peuvent contribuer aux efforts mondiaux visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à promouvoir le captage du carbone par l’écosystème. Ils peuvent également aider à l’élaboration d’initiatives d’atténuation et d’adaptation. Pour tirer un profit de leurs connaissances, toutes les parties prenantes devraient encourager la participation des Peuples autochtones à l’élaboration de politiques et d’initiatives à tous les niveaux.

C’est encourageant de voir les institutions de l’Organisation des Nations Unies prendre ou planifier des mesures pour mettre en œuvre les recommandations du Forum Permanent. L’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture fournit des services de secrétariat au Groupe des Amis des Peuples Autochtones et dirige la « Campagne Mondiale pour l’Autonomisation des Femmes Autochtones pour Éliminer la Faim ». L’Office du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Droits Humains a intensifié ses efforts pour faciliter le dialogue entre les Peuples Autochtones et les autorités de l’État, compte tenu de la difficulté structurelle des Peuples autochtones » à prendre des décisions et de la violence croissante exercée contre les défenseurs des droits humains des Autochtones dans le monde.

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